Au Bénin comme dans le reste du continent, l’accès à l’électricité reste un enjeu majeur pour la production, l’emploi et la transformation économique. La recherche de solutions durables à ces défis est au centre des échanges du 12ᵉ Sommet des Think Tanks d’Afrique (ATTS 2026), ouvert le jeudi 29 octobre à Cotonou.
La cérémonie officielle de lancement s’est déroulée au Sofitel Hôtel Cotonou Marina, en présence de représentants du gouvernement béninois, de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), de la Commission de l’Union africaine, des partenaires au développement et de nombreux experts venus du continent et d’ailleurs. C’est le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération, Aristide Mèdénou, qui a officiellement lancé les travaux.
Dans son intervention, il a exprimé la fierté du Bénin d’accueillir ce rendez-vous continental et mis en avant les réformes engagées par le pays dans les domaines des infrastructures, de la gouvernance et de l’énergie. Tout en reconnaissant le chemin qui reste à parcourir, le ministre a insisté sur la nécessité de rendre l’électricité plus accessible financièrement aux acteurs économiques. « Notre ambition, c’est vraiment de faire en sorte, comme le maire l’a dit, que ce soudeur et tous les artisans de notre pays qui ont besoin de l’énergie puissent l’avoir à moindre coût », a-t-il déclaré.
Prenant la parole au nom de la ville hôte, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a rappelé que l’accès à l’énergie doit être apprécié à l’aune de ses retombées sur les activités économiques et la vie quotidienne des populations. Pour illustrer son propos, il a évoqué les conséquences d’une coupure de courant sur un atelier de couture, une chambre froide ou encore l’activité d’un soudeur. Autant de situations qui montrent le lien direct entre l’accès à l’électricité, la production, l’emploi et la création de richesses dans les villes africaines.
Le maire a également souligné la place des collectivités territoriales dans les réflexions sur les politiques énergétiques. À ses yeux, les villes ne sont pas de simples espaces d’application des politiques publiques, mais des plateformes où se rencontrent les besoins des populations et les activités économiques. Il a ainsi plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités locales dans les stratégies destinées à faire de l’énergie un levier de développement.
Le secrétaire exécutif de l’ACBF, Mamadou Biteye, a, pour sa part, rappelé le rôle des institutions de recherche dans l’accompagnement des réformes. Il a notamment mis en avant la nécessité de disposer de systèmes électriques performants, de compagnies financièrement viables et d’une expertise africaine capable d’éclairer les décisions publiques.
Les représentants de la Commission de l’Union africaine et des institutions partenaires ont également apporté leurs contributions à cette cérémonie. Leurs interventions ont notamment permis de souligner l’importance de la recherche, de la coopération et de la mobilisation des financements dans la conduite des réformes énergétiques.
L’énergie au centre des priorités africaines
Placée sous le thème « De l’accès à l’énergie à la transformation économique : des pistes d’action publique concrètes pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité en Afrique », cette 12ᵉ édition entend contribuer à l’identification de solutions adaptées aux défis énergétiques du continent.
Selon les données présentées par l’ACBF, près de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’ont toujours pas accès à l’électricité, tandis que de nombreuses entreprises doivent recourir à des solutions autonomes coûteuses en raison de l’irrégularité de l’approvisionnement public. Le sommet entend ainsi contribuer à l’identification de réformes capables d’améliorer les performances des compagnies d’électricité, de renforcer les cadres réglementaires et de mobiliser davantage d’investissements.
Au-delà de la richesse des débats, Luc Gnacadja a insisté sur la nécessité de traduire les réflexions en actions mesurables. Il a notamment évoqué l’adoption attendue de l’Agenda d’action de Cotonou à la clôture du sommet, souhaitant que ce document débouche sur des engagements suivis et effectivement tenus.
