Politique
Ouverture de la deuxième session ordinaire : le budget 2027 au premier rang des dossiers parlementaires
L’Assemblée nationale ouvre ce mercredi 21 octobre 2026 sa deuxième session ordinaire de l’année au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo. Les travaux seront notamment consacrés à l’examen du projet de loi de finances pour la gestion 2027…
L’Assemblée nationale ouvre ce mercredi 21 octobre 2026 sa deuxième session ordinaire de l’année au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo. Les travaux seront notamment consacrés à l’examen du projet de loi de finances pour la gestion 2027, qui définit les grandes orientations budgétaires et les priorités d’action du Gouvernement.
Pour rappel, équilibré en ressources et en charges à 4 757,029 milliards de FCFA, contre 4 148,357 milliards de FCFA pour la loi de finances rectificative de 2026, le projet de budget affiche une progression de 14,7 %. Il vise à consolider une croissance économique soutenue, inclusive et durable, tout en poursuivant les efforts d’éradication de l’extrême pauvreté. Les prévisions macroéconomiques tablent sur un taux de croissance de 7,5 %, un déficit budgétaire global de 2,8 % du produit intérieur brut (PIB), conformément au critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et une inflation contenue à 2 %, en dessous du seuil communautaire de 3 %.
Des priorités économiques et sociales affirmées
Pour atteindre ces objectifs, l’action gouvernementale s’articulera autour de cinq leviers : la modernisation de l’agriculture, le renforcement de la promotion industrielle, la valorisation du potentiel touristique et culturel, la promotion de l’innovation technologique et le renforcement du capital humain.
Les investissements publics resteront orientés vers les secteurs à fort impact économique et social. L’éducation, la santé, la protection sociale, l’agriculture, l’énergie, l’eau, la transformation digitale, l’industrie et le tourisme figurent parmi les domaines qui bénéficieront d’un financement soutenu.
Le volet social occupe une place importante dans ce projet de budget. Les dépenses à sensibilité sociale sont évaluées à 1 597,533 milliards de FCFA, contre 1 285,37 milliards de FCFA en 2026. Cette évolution traduit l’importance accordée aux programmes sociaux et à l’amélioration de l’accès des populations aux services de base.
Parmi les mesures annoncées figurent la poursuite de l’extension du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), la généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour les filles dans l’enseignement secondaire général et technique, ainsi que la progression vers la couverture universelle des cantines scolaires. Le programme GBESSOKE, fondé notamment sur les transferts monétaires aux ménages en situation d’extrême pauvreté, sera également consolidé. Le projet prévoit, par ailleurs, la création d’une plateforme nationale des prestations sociales et l’institutionnalisation d’un service d’aide sociale d’urgence.
Éducation, santé et emploi parmi les chantiers prioritaires
Dans les secteurs de l’éducation et de la santé, plusieurs actions sont annoncées. Elles concernent notamment la construction et la réhabilitation de lycées, la rénovation des infrastructures académiques et sociales des universités nationales, le développement du télé-enseignement et la poursuite de l’équipement des établissements scolaires en tables-bancs et autres mobiliers essentiels.
Le programme sanitaire prévoit, entre autres, la construction de cinq hôpitaux de zone, la réhabilitation et l’équipement des hôpitaux départementaux et des centres hospitalo-universitaires, ainsi que le renforcement des dispositifs de prise en charge des urgences vitales. Les programmes de nutrition, de vaccination des enfants, de lutte contre le paludisme et de santé maternelle figurent également parmi les actions retenues.
Le projet de budget prévoit aussi le recrutement progressif sur titre des aspirants au métier d’enseignant, selon les modalités retenues, ainsi que la requalification du dispositif des bourses d’études en fonction des filières prioritaires et des besoins du marché de l’emploi. La réforme de l’avancement automatique de la carrière des agents de l’État figure également parmi les mesures annoncées.
Les collectivités territoriales également concernées
Le financement du développement local constitue un autre axe du projet. Le Gouvernement entend renforcer les mécanismes de financement des collectivités territoriales à travers l’opérationnalisation du Fonds d’investissement communal (FIC) et la mise en place du mécanisme de découpage économique du territoire. Ce dispositif doit permettre aux communes de mobiliser davantage de ressources, de diversifier leurs sources de financement et de réaliser des projets structurants dans des conditions de prévisibilité, de transparence et de répartition équitable des ressources.
Au-delà de l’examen du budget, cette deuxième session ordinaire représente ainsi un rendez-vous important pour le travail législatif. Les députés devront se pencher sur les choix budgétaires proposés pour 2027, qui accordent une place significative aux investissements économiques, au développement du capital humain et aux dépenses sociales.
La cérémonie d’ouverture est annoncée pour 10 heures et sera retransmise en direct sur les supports numériques et audiovisuels de l’Assemblée nationale, notamment Télé Hémicycle et Radio Hémicycle.

